Trilinguisme

L'ENFANT ET LE TRILINGUISME

'Tout se joue avant 6 ans'.
(Dr. Fitshugh Dodson) 

Pour un cerveau jeune, l’acquisition de deux ou trois langues, n’est pas plus difficile que celle d’une seule. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait traduction ou enseignement car la langue étrangère s’acquiert spontanément jusqu’à l’âge de 6 ou 7 ans si l’enfant est immergé dans un milieu ou on parle ces autres langues.

De plus, plus l’enfant apprend une langue tôt, moins il sera supposé avoir d’accent (étude faite par C. Hagège en 1996).

L’enfant dispose de la capacité universelle et innée à apprendre la grammaire comme une partie intégrante et inséparable de la langue. C’est ainsi qu’il procède, d’ailleurs dans tous les domaines : il appréhende le réel avec ses sens, ses émotions et son intellect : avec tout son être.

L’adulte va baser son apprentissage sur la réflexion : il va « calquer » la langue seconde à sa langue maternelle, il ne pourra se détacher de ses acquis.

L’enfant, lui, va apprendre les langues secondes de la même façon que sa langue maternelle, en construisant deux systèmes linguistiques bien différents. IL APPREND À PARLER EN PARLANT.

Il fait des expériences et forge ainsi sa grammaire, sa syntaxe au fur et à mesure de sa pratique.

L’adulte en est lui incapable, il est incapable de se détacher de «sa» grammaire maternelle. Il va d’abord penser à des «règles grammaticales» et seulement après il essaiera de parler.

L’adulte a un sentiment de complexe, il se sent inhibé, a peur du ridicule et souvent a du mal à parler une langue étrangère, l’enfant au contraire ne connaît pas cette peur. L apprentissage se fait de manière spontanée. Les langues secondes n’étant pour l’enfant (dans notre contexte d’immersion totale et de groupes multinationaux) qu’un élément de plus pour jouer, pour se créer de nouveaux amis, découvrir de nouveaux jeux.

LE TRILINGUISME AU P'TITCREF

L'apprentissage doit avoir lieu d'une manière naturelle et ludique. C est l'un des principes pédagogiques du P'titCREF.

En premier lieu, l enfant doit apprendre à aimer les sonorités de la langue, la nouvelle culture en interprétant la nouvelle langue. Nous n'enseignons pas par exemple une liste de mots de manière stérile car un enfant a besoin de comprendre les choses de manière concrète. Il est nécessaire de les mettre en contexte.

L'enfant apprend à parler mais avant tout en écoutant et en jouant. C'est sur cette base que le P'titCREF a développé des méthodes d'enseignement originales qui permettent à l'enfant d'apprendre les langues étrangères de manière naturelle, en situation de vie réelle.

Tous les enfants peuvent-ils apprendre 3 langues?

Il n’y a jamais de réels problèmes avec l’apparition de nouvelle(s) langue(s) chez l’enfant.

Un problème linguistique quel qu’il soit traduit le plus souvent un autre problème intérieur. Ils cristallisent une situation difficile qui se profile derrière le bilinguisme ou trilinguisme.

Un problème avec l’un des parents (dans le cas des couples mixtes) : nostalgie, manque d’attention, désintérêt pour la langue du conjoint...

Autre problème très caractéristique : certains parents vont essentiellement « gronder » dans la langue seconde et habituellement parler dans leur langue maternelle: l’enfant associe donc la langue seconde comme une langue d’agression et ainsi la rejette.

Il est en outre indispensable de ne pas forcer l’enfant à répéter absolument, à parler une autre langue. Voila une erreur commune de beaucoup de parents.

Le véritable danger c'est de convertir l'apprentissage d'une langue en une "obligation" ( cela arrive également aux adolescents et aux adultes).

Le cas de l’enfant qui ne veut pas parler avec ses parents ou répéter quelque chose devant eux est tout à fait normal. Il est fréquent de constater que des parents, essayant de parler à leur enfant dans une deuxième langue seconde sé'entendent dire par leur enfant : « parle en X » (langue maternelle), car pour lui il n’est pas naturel de parler une autre langue avec ses parents.Il est primordial dès le départ d’associer une langue à une personne (d’où l’intérêt des professeurs natifs, qui ne parlent que dans leur langue maternelle) L’enfant parlera en revanche avec plaisir avec ses poupées, son professeur ou ses camarades étrangers en situation de communication naturelle.

N’oublions pas en outre que ces enfants sont encore jeunes et que s’ils ne parlent pas à 4 ans, ils assimilent les langues secondes et les parleront sûrement à 5 ou 6, quand ils l’auront décidé !

 

Autres problèmes, interrogations entendus par les parents:

EXEMPLE 1: REFUS DE PARLER DANS UNE LANGUE ÉTRANGÈRE

Maria, mère de Piotr 3 ans : Il refuse, souvent, que je parle une langue seconde. Il me dit : « maman parle le russe ! » Il ne s’agit en aucun cas d’un refus de sa part de la langue X.

L'AVIS DE LA PSYCHOLOGUE DU P'TITCREF:

Comme nous l’avons vu, l’enfant associe de manière très affective une langue à une personne. La langue Y dans la bouche de maman arrive donc de manière incongrue, l’enfant ne comprend pas, ce n’est pas la langue de maman.

Son stade d’apprentissage est en effet encore au stade primitif, elle ne reste pour l’instant qu’associée à quelques personnes bien précises.

EXEMPLE 2 : MÉLANGE DES LANGUES

Ex : Zoe, 4ans de mère française et de père russe, vivant en Russie, Disait toujours : « Я (Ya = je) joue.

L'avis de la psychologue du P'titCREF :

Le fait de mélanger les langues est un processus en soi tout à fait normal. Cela ne dénote aucun problème particulier.L’enfant (tout comme l’adulte qui parle 2 ou 3 langues étrangères) a à sa disposition différents outils linguistiques. Il utilisera donc de manière spontanée l’instrument qui lui est le plus simple.

Tout enfant est capable, dans de bonnes conditions, d’assimiler avec succès deux (ou trois) langues et deux (ou trois) cultures. C’est la situation d’origine de son bilinguisme ou de son apprentissage des langues qui sont susceptibles d’engendrer des difficultés.

Le rôle du professeur et de la méthode dans notre cas est donc primordial, puisque ce sont eux qui vont véhiculer la nouvelle langue et sa culture. Un bon professeur et des activités ludiques et intéressantes (célébration de fêtes traditionnelles des pays étudiés, jeux importés...) feront naître chez l’enfant l’envie de parler cette langue, d’aller dans ce pays et d’en découvrir encore plus.

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